La vie d'ici et d'ailleurs (Tritriva)

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Archive pour le 29 septembre, 2008

FIEVRE DES ILES – de Jean-Joseph RABEARIVELO – Poète malgache né en 1901 et mort en 1937 .

Posté : 29 septembre, 2008 @ 6:07 dans POEME | Pas de commentaires »

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Le soleil s’est brisé sur ta tête
Pour que tu sentes ses éclats s’enfoncer
Dans l’arbre qui soutient ton dos;
Puis vriller à sec dans les branches de ton corps ?
Ton crâne est un énorme fruit vert que mûrit
La canicule de tous les Tropiques-  
De tous les Tropiques, mais sans la fraîcheur
De leurs palmiers ni de leur brise marine !  

Ta gorge est sèche, tes yeux s’enflamment;
Et voici que tu vois, au-delà de ce que voient les hommes,
Tous les Tropiques:
Voici des makis parés comme des mariés;
Leurs quatre mains sont chargées de régime de bananes, 
Et chargées de fleurs jamais vues par ceux qui ne sont pas des gens
Et, parmi leur voix heureuse de se baigner au soleil,
Voici tout le tumulte des cascades.

Mais, simultanément,
Est-ce la glace de la pierre qui t’appelle
Qui déjà t’enveloppe tout entier,
Pour que tu sentes ce frisson à travers tout ton être,
Et pour que tu sembles vouloir te cacher sous les nuages du ciel
Et sous toutes les feuilles des sylves insulaires,
Et sous toutes leurs lourdes brumes,
Et sous les dernières pluies au parfum de lait brûlé.  

Scelle fortement tes lèvres afin que n’en sorte
Aucune des choses que tu voies,
Mais que ne voient pas les autres :
Que te berce cet écho qui s’amplifie
Dans tes oreilles,
Lesquelles sont devenues deux coquillages jumeaux
Où palpite la mer qui t’entoure,  
O jeune enfant des îles.   

Jean-Joseph RABEARIVELO

Les ailes de la colombe .

Posté : 29 septembre, 2008 @ 10:20 dans POEME | Pas de commentaires »

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J’aurais voulu être les ailes de la colombe,
Pour dans le ciel paraître la lumière de l’ombre,
Laisser dans l’oubli la pénombre et les tombes,
Qui se creusent avec des trombes de bombes.

Ma colombe transporte la liberté comme missive,
Supporte l’âme humaine parfois trop agressive,
Mais se noie dans le pétrole en temps de crise,
Elle se perd dans nos bonnes paroles et s’épuise.

Dans son bec elle détient les clés de nos coeurs,
De l’Amérique en Chine elle anesthésie la douleur,
A son passage décime l’amour sur nos lèvres,
Et dans les cieux dessine un sourire quand on se lève.

Blanche comme neige sous une avalanche de piège,
Elle évite ces sortilèges et lévite sur son manège,
Comme un ange qui a retiré tous les treillis,
Pour que l’homme change face au destin qui sourit.

Au crépuscule vous la trouverez scrutant les mers,
En fin de matinée parcourant les dunes des desets,
De l’aube à la nuit le ciel n’est autre que son grand voyage,
Alors je m’accroche à ses ailes pour voir un autre paysage.  

El-Diamino .

 

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