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Archive pour le 23 février, 2009

Et s’ils écoutaient le Père Pedro…

Posté : 23 février, 2009 @ 12:56 dans Thèmes Madagascar | 6 commentaires »

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Source : http://sobika.com/
Le 29 Janvier, le Père Pedro publiait un Appel à la Paix sociale suite à la révolte du 26 Janvier. Un appel sans complaisance sur les politiciens qui portent la responsabilité de cette crise.
Entre un pouvoir aveugle à la situation des plus démunis et un opposant qui manipule les plus pauvres, cette situation n’a rien d’exceptionnelle. De nombreux observateurs, pas forcément politisés, avaient déjà prévu une explosion de ce type mais ils se sont heurtés à une indifférence coupable. « Bien que les faits soient condamnables, il est temps de se demander ce que nous pouvons faire pour ceux qui, n’ayant plus rien à perdre, ont pillé, saccagé et brûlé. Ils se sentent étrangers à une communauté humaine et nationale à laquelle ils n’ont jamais été intégrés ». « Et que faisons nous pour empêcher que le pauvre soit la proie facile et manipulé par les gens sans scrupules ? »

Aujourd’hui, les négociations entre le camp Ravalomananaet le camp Rajoelina doivent débuter. Espérons que tous les deux pensent à ceux qui n’ont rien à perdre, car si on ne réfléchit qu’à se partager le pouvoir pour le pouvoir, une prochaine révolution aura encore lieu à moyen terme et quel que soit le président en place ! Le pouvoir n’est pas une fin, mais un moyen pour rendre meilleur la vie de ses habitants et sans confisquer ses libertés élémentaires. Que les deux camps y pensent bien lors des négociations.
Source : http://sobika.com/

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Appel à la Paix Sociale ! 29 JANVIER 2009

Après avoir entendu le commentaire profond et attristé d’un journaliste de la Radio Antsiva présentant le drame actuel, je voudrais prolonger sa réflexion.
Bien que la situation reste très difficile et même chaotique, nous sommes en face d’une explosion sociale. Il y a déjà trop de morts et de dégâts matériels.
La destruction des infrastructures est déjà inestimable. A qui peut-elle profiter ? La colère est toujours aveugle. Lorsqu’en politique, l’hypocrisie des apparences l’emporte sur la vérité, on en paie le mensonge ! Qu’on ne s’étonne pas que des émeutes puissent surgir à tout instant !
Les politiciens se bercent dans de paroles douces et creuses, seulement pour la forme et le plaisir du moment ! Les pauvres subissent, se taisent jusqu’au moment où ils explosent telle une soupape. Certains jeunes, qu’on qualifie de bandits sont cependant tous des enfants du pays. D’où viennent leur violence, leur désir de casser et leur révolte ?
Nous pouvons tous, dès maintenant, nous interpeller sous la forme d’une responsabilité collective : l’Etat, l’Eglise, la Société Civile, les artistes et les parents. Quand on sème l’égoïsme, l’indifférence, le chacun pour soi, le capitalisme sauvage, on ne peut récolter aucun progrès. Combien de dirigeants passent leur temps de réception en réception, de séminaire en séminaire et de réunion en réunion ! Pendant ce temps des dizaines de milliers de jeunes cherchent désespérément un emploi pour se préparer un avenir ou simplement survivre.
De l’oubli de tant de jeunes, laissés en marge du progrès, on ne peut attendre la paix : la violence aveugle surgit des coeurs blessés.
Cette barbarie, ce vandalisme, cette violence sont la manifestation des laissés pour compte.
Bien que les faits soient condamnables, il est temps de se demander ce que nous pouvons faire pour ceux qui, n’ayant plus rien à perdre, ont pillé, saccagé et brûlé. Ils se sentent étrangers à une communauté humaine et nationale à laquelle ils n’ont jamais été intégrés. Beaucoup de parents malgaches n’arrivent pas à croire qu’une telle violence puisse exister chez leurs enfants.
Par ces faits les jeunes attirent notre attention. Mais combien de vieillards, de femmes seules, d’hendicapés n’ont aucun moyen d’exprimer leur souffrance ! Ils représentent pourtant la partie de l’iceberg immergée, invisible, des 70% de pauvres.
Avec les dirigeants, sortons du sommeil, faisons notre travail avec un amour vrai qui débouchera nécessairement sur le partage, le respect et la dignité. Et que faisons nous pour empêcher que le pauvre soit la proie facile et manipulé par les gens sans scrupules ?
Le temps est venu de commencer ce travail à long terme. La sagesse ancestrale s’en trouvera honorée.
Et que tous ceux qui se disent croyants l’expriment par le concret de leur vie, de leurs actes et leur parole.
Mon expérience de plus de trente-cinq ans au milieu des pauvres prouve qu’avec eux, lorsqu’ils sont reconnus, cet espoir est possible. Ceci est un voeu de tous ceux qui aiment Madagascar.
La Paix de la Nation est entre les mains de chacun de nous.

Père Pedro Opeka
Antananarivo, le 29 janvier 2009
Source : http://sobika.com/

 

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