La vie d'ici et d'ailleurs (Tritriva)

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Archive pour le 1 mars, 2013

Le mois de Mars

Posté : 1 mars, 2013 @ 7:10 dans POEME | Commentaires fermés

 

Mars

L’interminable hiver tente un dernier effort,

Pour enfouir la terre et refroidir l’espace :

Sous le souffle effréné de l’ouragan du nord

De plus en plus la neige en tourbillons s’entasse.

 

Et cette blanche mer déferle dans le vent

Par-dessus les taillis aux branches dénudées.

Les chars dans les ravins comblés bloquent souvent

Sous l’amoncellement continu des bordées.

 

L’air glacial est lourd de morbides vapeurs.

Nous sortons peu. Le soir près du feu nous rassemble ;

Et les vieux dolemment racontent là des peurs

Qui font frémir l’enfant, blêmir l’aïeul qui tremble.

 

La cruelle saison sème au hasard les deuils.

Pour les hôtes des bois partout se cache un piège,

Et le braconnier traque orignaux et chevreuils

Aveuglés du grésil, empêtrés de la neige.

 

Tout souffre, hommes, bétail, tout pleure, arbres, échos.

Dans son grenier gémit le pauvre, maigre et pâle,

Et l’on croit par moment entendre ses sanglots

À travers les cents bruits de la brise qui râle.

 

L’aurore ne luit plus sur les monts sourcilleux.

Rien ne fait pressentir la fin des jours livides.

Et si parfois un coin d’azur émerge aux cieux,

L’hiver croule à flots plus drus sur les Laurentides.

 

Mais de même qu’après le déluge, un matin,

L’arc-en-ciel rayonna dans sa splendeur première,

Le clair soleil pascal, qu’on croyait presque éteint

Demain va tout dorer de sa blonde lumière.

 

William Chapman

À la mi-carême.

Posté : 1 mars, 2013 @ 7:00 dans POEME | Commentaires fermés

 

À la mi-carême.

 

Le carnaval s’en va, les roses vont éclore;

Sur les flancs des coteaux déjà court le gazon.

Cependant du plaisir la frileuse saison

Sous ses grelots légers rit et voltige encore,

Tandis que, soulevant les voiles de l’aurore,

Le Printemps inquiet paraît à l’horizon.

 

Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire;

Bien que le laboureur le craigne justement,

L’univers y renaît ; il est vrai que le vent,

La pluie et le soleil s’y disputent l’empire.

Qu’y faire ? Au temps des fleurs, le monde est un enfant;

C’est sa première larme et son premier sourire.

 

C’est dans le mois de mars que tente de s’ouvrir

L’anémone sauvage aux corolles tremblantes.

Les femmes et les fleurs appellent le zéphyr;

Et du fond des boudoirs les belles indolentes,

Balançant mollement leurs tailles nonchalantes,

Sous les vieux marronniers commencent à venir…

 

Alfred de Musset (1810-1857)

 

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